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La Parole à Francine Got, gérante de Féminin Technique

Chaque année, autour du 8 mars : journée internationale des femmes, l'égalité professionnelle fait quelques « unes » dans les médias.

On y dresse rituellement un bilan quasi consensuel des inégalités en défaveur des femmes : salaires, temps partiel, plafond de verre, déqualification, sous-emploi et chômage auquel s'ajoute le partage inéquitable des responsabilités familiales et ménagères.

Six lois et de nombreux accords entre partenaires sociaux n'ont apporté que de faibles progrès, comme le souligne un récent rapport gouvernemental.

Des mesures coercitives à l'égard des entreprises annoncées pour la fin 2010 se révèleront-elles plus efficaces ? Quoi qu'il en ressorte en termes de résultats, on ne peut espérer qu'elles seront suffisantes.

Parce que l'inégalité professionnelle est systémique, que de nombreux acteurs interagissent, les entreprises, même contraintes, ne détiennent pas, à elles seules, la solution.

Ainsi, en amont de l'emploi, on constate que les différences de parcours des hommes et des femmes préparent des inégalités qui se perpétuent et se creusent au cours de la vie active. Sans qu'il soit question de nier quelques avancées, il apparaît que globalement, les formations et les métiers restent majoritairement sexués. De même, les stéréotypes sur les compétences dites féminines ou masculines, comme sur le rôle des hommes et des femmes dans la société, ont la vie dure.

L'objectif de Féminin Technique (FETE) :« faire avancer l'égalité professionnelle » en accompagnant des partenaires dans une évolution de leur réflexion et de leurs pratiques pourrait susciter quelques découragements, tant la route promet d'être longue.

Il n'en est rien...Parce que FETE ne s'inscrit pas dans le discours et les principes, mais dans l'action au plus près des aspirations des différents acteurs.

Ainsi, cent quarante organismes qui jalonnent le parcours professionnel des femmes, de l'orientation à l'emploi, dont des entreprises et des collectivités, se sont engagés en Bourgogne dans une démarche de progrès, par la signature de chartes régionales «  mixité égalité professionnelles ».

Ces chartes, spécifiques à l'activité de chaque signataire, sont rédigées en concertation avec FETE. Elles proposent d'instaurer des mesures qui feront évoluer certaines habitudes vectrices d'inégalités. L'information et la formation, la communication, les conditions d'accueil, la prise en compte des responsabilités familiales, l'accompagnement, le recrutement... sont analysés et redéfinis pour favoriser la mixité et l'égalité hommes / femmes. Ces pratiques nouvelles, une fois rôdées, ont vocation à s'installer dans la durée, donc à se banaliser.

Pour beaucoup de signataires, les engagements sur le moyen terme portent seulement sur un ou deux objectifs. Mais ce sont des avancées réelles. La signature de la charte n'est pas alors un simple affichage. Elle débouche sur des projets concrets, et dans certains bassins d'emploi, sur une collaboration durable entre partenaires, que FETE coordonne et facilite.

Qu'il s'agisse de reconvertir, de qualifier ou de mobiliser des femmes, de diversifier de l'emploi féminin, de lutter contre la discrimination cumulée..., FETE ancre ses actions dans les partenariats les plus larges possibles.

FETE assure par ailleurs un suivi des signataires, s'enquiert de leurs avancées par rapport à leurs engagements, s'emploie à répondre à leurs demandes.

La conviction que l'égalité hommes / femmes est l'affaire de tous, de plus en plus partagée, constitue le moteur de cette démarche régionale volontariste, propre à la Bourgogne. Celle-ci est soutenue et encouragée par de nombreux partenaires institutionnels : le Conseil régional, les Conseils généraux, le Grand Dijon, le Grand Chalon et certaines municipalités, l'Agence Nationale de la Cohésion Sociale et de l'Egalité des chances, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité, le Fonds Social Européen.

 

Pour en savoir plus : www.feminin-technique.com